Oneechanbara The Movie - 2008  posté le samedi 20 décembre 2008 15:47

Date de sortie : 2008
Réalisateur : Yôhei Fukuda
Scénariste : Yôhei Fukuda, Yasutoshi Murakawa
Musiques : ...
Pays : Japon
Genre : Action/Zombie
Durée : 1h 20min.

Interdit aux moins de 12 ans

Violence Physique : Oui

Violence Psychologique : Oui (mais rien d'inhabituel)

Sexe : Non (bon ok, la miss est en sous vetements pendant la moitié du film)

Gore : Oui (mais en images de synthèse...)




Avant d'être un film, Oneechanbara est une série de jeux, à la Devil May Cry. N'ayant pas touché une seule minute aux softs (pourtant sur PS2, pourtant distribué en Europe par 505 Games, sous le nom de Zombie Zone ou Zombie Hunters) je sais seulement que l'on dirige une jeune femme en bikini, avec bottes et chapeau de cowboy, maniant à la perfection le katana, et qui charcle du zombie à tour de bras.
Que voilà un concept vendeur pour en faire un film. Non?
Aya, notre cowgirl de service, donc, est à la recherche de sa petite soeur, Saki, qui a tué son père. Ceci nous est exposé à travers des séquences de flash back, parsemant le métrage, se faisant à chaque fois de plus en plus complètes, histoire de ne pas tout dévoiler d'un coup. Entre ces séquences, Aya, accompagné d'un compagnon (Katsuji) faisant office de sidekick (on peut pas se gourer, il est gros et un peu stupide) défouraille des zombies, dans un monde post-apocalyptique industriel. Sur sa route, elle croisera Reiko, une parfaite chick with gun, qui a perdue sa fille, et dont l'instinct maternel est à fleur de peau, ce qu'elle exprime à coup de fusil à pompe. Et que va faire ce trio, ensemble? Bah encore plus défoncer du zombie, quoi...

Oneechanbara The Movie ne fonctionne pas pour bien des raisons. Si le format vidéo du métrage n'est pas un handicap en soi, ça se complique légèrement dès qu'on commence à parler effets spéciaux. Evitant de se prendre la tête à créer du faux sang et des faux membres (bah oui, un katana, ça coupe bien), Fukuda a misé sur le tout numérique, et utilise sans arrêt de la 3D pas super bien foutue. Lorsqu'Aya tranche la tête d'un zomblard, le spectateur se fait éclabouser d'un sang numérique grossier, qui, s'il était utilisé avec parcimonie, ne dérangerait pas. Mais au lieu de faire preuve de modération, le réalisateur en rajoute, fait pisser des gerbes de sang qui éclaboussent l'objectif de la caméra (et là, la 3D, ça se voit...) et utilise des effets de lumières lors des coups de katana, pour gérer ses raccords "vrai zombie acteur - faux zombie 3D coupé en deux". Ce choix peut être extrêmement désagréable pour le public lambda, mais il est de plus en plus employé au Japon (Kitamura lui même en abuse dans Azumi), et cela donne un coté très manga/anime au final.

Le deuxième défaut flagrant, c'est le manque d'assurance de l'actrice principale, qui a l'air d'avoir bien du mal à assumer le fait de jouer en bikini-bottes-boa en plume d'autruche. Si son jeté de cape lui donne une classe certaine avant chaque bataille décisive, on sent quand même bien que ce n'est qu'un subterfuge de mise en scène pour qu'elle n'ai pas à se promener en petite tenue la totalité du film. Choisir une actrice canon, c'est une chose, mais lui demander de mettre en valeur de façon anodine ses courbes, s'en est une autre. Alors oui, c'est cohérent qu'elle se trimballe dans une toge improvisée, dans un monde en décrépitude (à la façon de Kenjiro dans Hokuto no Ken), mais on sent qu'elle n'assume juste pas sa tenue de base (dans les jeux, elle est tout le temps à moitié à poil).

A coté de ces maigres défauts (n'exagérons rien), ce qui fait vraiment tache, c'est le scénario en lui même, et le rythme du métrage. On apprend assez tardivement la raison pour laquelle Aya parcourt la ville, et lorsqu'on apprend la tragique vérité (sa soeur est vilaine, holala), ça nous en touche une sans faire bouger l'autre. Soyons clair, il y a deux propositions possible pour Onechanbara :

  •   Le film est un charnier pas possible, où Aya fabrique du steack haché de zombie à la chaine (plus ou moins le gameplay des jeux)
  •   Le film se veut psychologique, on limite les scènes d'actions, et on découvre quelque chose de captivant.


L'oeuvre de Fukuda se situe entre les deux, et du coup, ne trouve pas sa cible. Le film se perd entre ses scènes de combat limites (que la 3D n'arrange pas) et ses dialogues à l'eau de rose, quand ce n'est pas pour mettre en scène les machiavéliques monologues du savant fou qui créer les zombies (eh oui...)
Pourtant, aux deux tiers, il se passe quelque chose. C'est à ce moment là que Fukuda a décidé de foutre le paquet, et dans une combat énorme (de par son visuel et son nombre de zombies), Aya devient enfin le personnage héroïque des jeux. Dans un déluge d'effets spéciaux, son épée possédée par une force magique (traduite visuellement) ne s'arrête que pour faire demi-tour et aller frapper un autre adversaire, jusqu'au duel final, entre sa soeur, elle aussi experte en sabre, et elle, maintenant en mode berseck (traduit aussi visuellement).

Du coup, on en sort content, parce qu'on a eu raison d'attendre la fin, pour se manger un combat bien foutu dans les rétines, et on regrette seulement le manque de moyen et d'ambition du réalisateur et de son équipe, et que l'actrice jouant Aya (Eri Otoguro) ne soit QUE jolie. Ca reste un bon divertissement, et ça m'a donné envie d'essayer les jeux, dont le prochain épisode est prévu sur Wii (où là, évidement, on s'en cogne totalement du scénario).

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Vase de Noce - 1974  posté le mardi 09 septembre 2008 17:07

Titre : Vase de Noce Pas d'affiche disponible
Réalisateur : Thierry Zéno
Scénariste : Dominique Garny
Producteur : Thierry Zéno
Année de production : 1974
Origine : Belgique
Avec : Dominique Garny

 

Interdit aux - 16 ans

Violence Physique : Non

Violence Psychologique : Oui (dérive du personnage, zoophilie, scatologie)

Sexe : Oui (un acte simulé sur l'animal, de nombreuses séquences de sexe entre animaux)

Gore : Oui (à proprement parler, non, mais la scatologie s'inscrit dans le gore)

 


 

Si le titre international de Vase de Noce est The Fucking Pig movie, c’est sans doute pour mieux attirer le client,  éveiller la curiosité malsaine du spectateur, ou pour, au contraire, lui suggérer dès le départ que le film se veut spécial, marginal, subversif, et donc pas pour tout le monde. Si on sait directement qu’il sera question d’actes zoophiles dans l’heure et demi qui va suivre, en revanche, on ignore tout de la dimension philosophique de l’œuvre.

Shooté par le belge Thierry Zéno, en 1974, Vase de Noce est une pure bande indépendante, trash, et fauchée. Le scénario pourrait se résumer de la sorte : Un fermier isolé du reste du monde évolue seul au milieu de ses animaux et tombe amoureux de sa truie.

 

vase de noce 1

Dès le plan d’ouverture, Zéno annonce les thématiques du film : la recherche d’identité, la définition de l’homme, celle de l’animal, l’inconscient collectif et les rituels.

Si le fermier se cherche une identité, véritable fil rouge du scénario, c’est majoritairement dû à son isolement. La ferme est perdue au milieu de nulle part, et le héros a pour seul compagnie ses animaux. Il ne prononcera pas un seul mot du film, d’ailleurs. Plaçant une tête humaine miniature en plastique sur le cou de pigeons, le fermier est en quête d’humanité, et compte bien en trouver chez les bêtes. Il observe dans une première partie, l’animal, se confondant avec lui, écoutant ses conversations. Alors que les poules et les dindes forniquent sans arrêt, la truie exhibe fièrement sa paire de fesses. C’est dans le physique du cochon qu’on trouve le plus de similitude avec l’humain, dans sa couleur, dans sa « texture », dans ses attitudes. Le fermier opère alors un rituel de séduction et d’auto-conviction. Quand il ne caresse pas les mamelles de sa cochonne, il lui fait l’amour. Véritable jeu de rôle, le fermier veut se faire animal, ou rendre l’animal plus humain qu’il ne l’est. Effacer les barrières, voilà ce qu’est le véritable objectif. Il mange dehors au milieu des poules, se promène nu, et fait ses besoins dans une cuve, elle aussi laissé au milieu de la nature. C’est ici que le déclic se fait : l’homme est un animal, et ses codes de conduite ne sont qu’inconscient. Si le coq dominant, adultère, se venge et tente de punir le dominé, si la truie défèque sans s’isoler, et si elle prend part à une partie de Colin Mayard avec lui, c’est parce que les animaux ressentent également les sentiments primaires qui régissent la société humaine depuis des siècles.

vase de noce 2

Mais alors, que reste t-il d’humain dans cet animal que l’on voit à l’écran ? Les rituels et la religion, les actes fétichistes. Si l’homme tue l’animal pour le manger, la poule fait de même avec le lombric. En revanche, le fermier conserve toujours un artefact de son meurtre, et remplis des bocaux avec les plumes de la poule, qu’il aligne méticuleusement sur des étagères, reproduisant un cimetière miniature. Le fameux Vase du titre. Il n’oublis pas de sonner la cloche chaque jour, et de se croiser avant chaque repas. Mais à quoi bon ? La truie donne naissance à trois enfants. L’acte immoral, le péché impardonnable alors commis, devient irréversible. L’homme ne demande pas l’absolution, et se détourne de son Dieu, pour mieux laisser place à son ressenti primaire. Si l’idée nous est déjà soumise dans un plan post-coïtale, où la truie elle-même sonne la cloche, signifiant alors que l’homme et l’animal sont mariés (elle en vient à accomplir les taches qu’il exécute), elle prend tout son sens lorsqu’il, après avoir aidé sa femme à mettre bas, joue au cerceau. Un rappel à son enfance, un autre rituel, mais qui n’est que recherche d’expression de contentement. Il est également question de rappel inconscient à la petite enfance, lorsqu’il reproduit les gestes de sa mère, ou de sa grand-mère, en tricotant de petits manteaux pour les porcelets.

Si la truie n’était qu’un animal pour le spectateur, elle sera, à partir de sa grossesse, filmée comme un humain. Zéno fait le choix de nous la dévoiler en gros plans, sur sa tête, ses mamelles, mais également sur sa vulve lors de l’accouchement. Le fermier s’est reproduit, il a maintenant des rejetons de sa semence, et s’improvise père dans une scène centrale, où les trois gorets prennent part à un repas, chacun une assiette, chacun sa place à la table. La scène, qui peut prêter à sourire, nous démontre que l’échec est cuisant. Les cochons, d’une part, n’arrive pas à se tenir correctement et renversent leurs assiettes, mais ils préfèrent les cris aux chuchotements, voir au mutisme. Ils n’ont rien d’humain, rien de l’humain qui leur sert de père. Dans cet enfer post-apocalyptique (il n’y a pour seul humain que notre fermier, et rien ne nous laisse présager du meilleur pour l’humanité, tant il semble être le dernier de sa race, l’idée de reproduction aidant à consolider cette théorie), gouverné par les caquètements, l’homme craque et commet l’impensable : un infanticide.

vace de noce 3

L’homme est un animal pour l’homme, l’animal est un humain pour l’homme. Impossible de faire une distinction entre ces deux phrases pour le fermier, qui impuissant, assiste à la colère de sa truie, qui hurle à la mort (dans une scène incroyablement fascinante, la caméra ayant réussi à capter un sentiment profond dans le regard de l’animal). Si une partie du public pense que la truie se suicide en se jetant dans l’étang qui borde la ferme, j’y vois tout autre chose. Reproduisant un rituel inquisiteur, le fermier retire la truie morte de l’étang à l’aide d’une échelle, mais celle-ci est solidement ligotée, ainsi que quelques poules, ces même poules qui nous sont présenté comme ayant commis un adultère. Il s’agit ici d’un rappel au combat contre la sorcellerie et le péché, traduisant la colère et l’impuissance (les femmes étaient attachées à des échelles, pour être jugées plus prés de Dieu, puis brulées vives).

Que reste-t-il de l’espoir, de l’amour, de la raison d’être ? L’homme s’enterre alors, prés de son aimée, pour fusionner avec la terre, et effacer sa trace de la surface de la planète.

Second déclic ! L’envie de déféquer en est encore l’origine. Après une longue séquence à bout de souffle (traduite par le son), où il ne reste que le ciel, la terre et rien à l’horizon, l’homme se lève, ne pouvant se résigner à être mangé par les vers, dans son plus simple appareil, et va à la selle. C’est ici qu’il comprend ce qu’il a de plus médiocre, de plus insupportable chez lui : il interfère avec la nature, il existe parce que le reste existe.

vase de noce 4

Dans une longue troisième partie, Zéno développe la descente aux enfers de son personnage, qui cherche à se réinventer, lui et sa race toute entière. Faisant maintenant objection à toute croyance grégaire et à tout rituel, il vide ses bocaux mortuaires, pour les remplir avec un mélange de merde et de plantes. La fameuse Vase du titre. C’est dans un délire coprophage, au départ, scatophage par la suite, que nous entraine le fermier, cherchant à fonctionner en cycle fermé, à ne plus avoir d’interaction avec le reste du monde. Est-ce là pure action post-traumatique, d’avoir blessé un animal qui ressent les choses ? Est-ce là l’ultime façon d’annihiler l’homme dans l’humain ? Un repentir ? La question reste ouverte, et si Vase de Noce ne nous donne pas de réponse, c’est pour qu’on en trouve plusieurs. Véritable acte nihiliste, la bande de Zéno se voit interdite encore aujourd’hui dans de nombreux pays. Shootée dans un noir et blanc du plus bel effet, le film a pour avantage de ne jamais céder à la facilité, et d'aller jusqu'au bout de son concept. L'acteur scénariste, Dominique Garny, est totalement habité par son personnage, et la musique, naviguant entre les cantiques et les premières expériences electro contribue a semer le trouble et le malaise au visionnage. Vous l'avez compris, Vase de Noce n'est pas pour tout le public, et a été maintes fois interdite de diffusion. L'oeuvre est aujourd'hui classée art et essai pour avoir la légitimité d’être diffusée.

 

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Pink Flamingos - 1972  posté le jeudi 28 août 2008 01:12

 

Titre : Pink Flamingos Affiche Pink Flamingos

Réalisateur : John Waters

Scénariste : John Waters
Producteur : John Waters
Année de production : 1972
Origine : U.S.A.
Avec : Divine, David Lochary, Mink Stole...

 

Interdit au - 16 ans

  • Violence Physique : Oui (si on considère que des filles enchainées c'est violent)
  • Violence Psychologique : Oui (si on aime pas les marginaux, et les choses anormales)
  • Sexe : Oui (une fellation filmée)
  • Gore : Non (sauf si un peu de ketchup et un anus dilaté c'est gore)

 


Impossible de commencer mes chroniques par une autre œuvre que Pink Flamingos, de John Waters, film de 1972, tourné avec un budget de 12000$ en 16 mm. Et pourtant, l’exercice est périlleux tant le film a fait, et fait encore parler de lui, alors qu’il se résume très facilement. Voyez plutôt : Divine, nommée « être le plus dégoutant de la planète » par un magazine, vit cachée dans une caravane avec sa famille, pour éviter la police et la presse. Pendant ce temps, les Marbles, couple mondain, cherche à détrôner Divine de son titre.

 

Caravane

 

Si Waters a bien compris quelque chose, en filmant son Pink Flamingos, c’est que pour choquer le public, il n’est nul besoin d’écrire un scénario compliqué aux enjeux multiples, mais bien de se focaliser sur les personnages qui vont le parsemer.

Il travesti alors encore une fois Harry Glenn Milstead en Divine, comme il l’avait fait auparavant  pour Mondo Trasho et Multiple Maniacs (dans lequel elle se faisait violer par un homard géant), et la fait pour la première fois apparaitre en couleur. Pour l’accompagner dans sa quête du dégueulasse, il entoure son travesti d’une bien belle famille. Le fils de Divine, hippie écervelé fou de sexe bizarre, sa femme, jolie brin de fille, qui aime mater les actes pervers de son mari, et la mère de Divine, grosse femme à coté de la plaque, qui ne jure que par les œufs,  vêtue d’une culotte et d’un soutien gorge, enfermée dans un parc à bébé.

 

 

Tout ce beau monde vit en parfaite harmonie dans une caravane (rose de préférence), perdu au milieu d’un terrain vague, histoire de ne pas être dérangé.

Face à eux, un couple et son majordome, les Marbles, qu’on dirait tout droit tiré d’un manga, fier de leurs couleurs de cheveux, rouge ou bleu, fier d’être un couple qui s’aime, fier de leur belle maison, fier d’être machiavélique et à l’origine d’un plan bien huilé tellement crétin qu’ils n’ont plus que ça à la bouche. En effet, le couple kidnappe des jeunes femmes (où l’homme accroche une saucisse à son propre pénis pour effrayer l’innocente), les enchaine dans leur cave, les fait mettre enceinte par le majordome, revend les bébés à des couples lesbien, et utilise l’argent pour financer un réseau de drogue dans les lycées.

Inutile de préciser que la surenchère d’idées provocantes sont à l’image du film, délirante et peu crédible. Car il s’agit bien ici d’une comédie. Et il serait difficile de l’envisager autrement, tant les dialogues et les situations semblent improvisés. Joyeux bordel cacophonique, Pink Flamingos cherche à briser les tabous d’une société étriquée, en installant la spontanéité comme mot d’ordre. Divine braille plus qu’elle ne parle, la moitié des séquences dialoguée pourraient être coupées, et le patchwork de couleur et de matières présentent à l’image prouve au spectateur qu’il est bel et bien en face d’un film qui assume pleinement son coté fauché et festif.

 

 

Pink Flamingos donne l’impression d’être au cirque, ou dans la cour des miracles (notamment lors de la fête d’anniversaire de Divine, où le clou du spectacle est un show où un des invités nous expose, face caméra, combien il peut dilater son anus sur commande), qu’on s’attache ou non aux personnages qui peuple l’œuvre, et démontre, si on veut bien l’accepter, que la marginalité n’est pas quelque chose d’inné.

Bien que les Marbles tentent par tous les moyens de devenir des êtres sales et sanguinaires, ils ont toujours l’air ridicule, précieux, et la mécanique de leurs plans parait être juste trop cohérente, planifiée, et clean. De plus, les deux comédiens interprétant le couple semblent bien moins à l’aise dans leur jeu (volontaire ou pas ?) que le reste de la troupe, mettant en valeur la facilité avec laquelle la famille de Divine est naturellement anticonformiste et choquante.

 

 

Mais qu’en est-il exactement de ce choc ? Si le trash peut rebuter, pour la majorité des gens, ici il est presque cathartique. La première information du métrage sera de nous avertir que Divine est l’être le plus dégoutant de la planète, par une voix off (celle de Waters lui-même), et le développement nous conduira lui, à nous démontrer le contraire, nous présentant le gros travesti comme quelqu’un d’humain, se refusant à être provocateur gratuitement. En revanche, son fils s’applique à lui faire de la concurrence et nous rendre hilare lors d’une scène de viol sur une étudiante, viol à base de pénétration de poulet vivant. Si la scène n’est pas filmée en détail (le réalisateur s’amuse plus d’une situation causasse impliquant l’imagination du spectateur que d’un réel scandale), celle de la fellation incestueuse, entre la mère et le fils, est non simulée, et mise en scène de la façon la plus crue.

Car Waters a également compris qu’avoir des idées farfelues et une belle brochette d’acteurs impliqués, c’est bien, mais les montrer sans passer par un procédé de mise en scène, c’est mieux.

 

 

Et c’est ainsi que Divine devient réellement l’être le plus dégoutant de l’histoire du cinéma, dans une scène finale ajoutée (entendez par là que l’intrigue est résolue), filmée en plan séquence pour mieux souligner l’authenticité de l’acte, dans laquelle elle attend qu’un caniche ai fini de déféquer, pour se délecter de ses excréments encore frais.

 

@ La Bande-Annonce

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Quoi? Pourquoi? Qui? Comment?  posté le jeudi 28 août 2008 01:12

L'expression midnigth movie (ou film de minuit) apparaît dans les années 1950 pour désigner les films à petits budgets diffusés tard le soir par les chaînes de télévision locales aux États-Unis.

Ce phénomène de la diffusion à minuit de films décalés a démarré au début des années 70 dans les agglomérations urbaines telles que New-York pour ensuite se propager dans tout le pays. Elle s'est poursuivie jusqu'en 1977.

En marge des productions hollywoodiennes (et ne pouvant donc pas bénéficier de gros budgets), ces films étranges, kitches, provocants, voire grotesques (en tout cas libres), défiaient les conventions de l'époque.

La diffusion de films décalés à minuit avait pour finalité de développer une audience pour ces films, en encourageant les rediffusions multiples au sein d'une contre-culture. La diffusion s'appuyait beaucoup sur le bouche à oreille, les tentatives de mise dans le circuit traditionnel s'avérèrent d'ailleurs infructueuses. Ces films sont aujourd'hui considérés comme cultes.

Le succès national du Rocky Horror Picture Show et les mutations de l'industrie cinématographique ont modifié la nature de ce phénomène et dans le contexte des changements culturels et politiques des années 80, il est devenu un exercice de style et s'est rapproché de sa forme télévisée qui porte le même nom.

Le terme « midnight movie » a aujourd'hui deux sens distincts : un synonyme de film de série B, film à petit budget de fin de soirée, et un synonyme de film culte.


Source : Wikipédia.

 

La définition de Wikipédia me paraissant claire, je n'ai pu résister à la facilité d'en faire un simple copier/coller en guise d'introduction de cette tribune. La ligne éditorial de ce blog est simple : imaginez que la diffusion de métrages "non conforme" au cinéma n'a jamais cessé d'exister, et les faire découvrir ou redécouvrir à mon lectorat.

Midnight Movies traite de ce cinéma que l'on regarde avec le visage crispé, l'oeil pétillant, et la curiosité malsaine de s'exposer à quelque chose d'etonnant, à défaut d'être agréable. Pour ne pas être une source de polémique, chaque film présenté sera accompagné, dans sa fiche de résumé, d'un code qui préviendra du niveau de ses effets/méfaits : sexe, violence physique ou psychologique.

Bon voyage en ma compagnie, et bonne lecture.

 

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